Faber est l’une des peintres que la Galerie Perreault représente en exclusivité au Canada, comme Françoise Nielly. L’artiste est également une passionnée des paysages comme Daniel Gagné et d’horticulture comme Claude A. Simard! Nous lui avons posé quelques questions pour en savoir sur son parcours et son style :

VOUS AVEZ TRAVAILLÉ DANS DES DOMAINES TRÈS DIVERSIFIÉS EN PLUS DE LA PEINTURE. POURQUOI CHOISIR DE PEINDRE EN PLUS DE FAIRE DE L’ILLUSTRATION?

En mode, l’illustration doit correspondre à une clientèle, elle a un but et une fonction. Elle se démarque par une vision plus personnelle que la photo. On crée des atmosphères selon l’air du temps. L’illustration de mode fait rêver!En édition, la démarche est inversée : on peut concevoir ses  projets, les créer, les exécuter et les proposer. Pour moi, l’illustration d’édition m’extirpe du cocon rassurant qu’est l’atelier et cela me donne la chance de faire des rencontres agréables. En peinture, le rêve est l’inspiration. C’est mon espace de liberté, sans contraintes. J’aime le rythme lent qu’exige le genre réaliste. Ce sont des heures privilégiées passées dans mon atelier, comme si le temps s’arrêtait. Tous ces domaines forment une sorte d’équilibre. J’aime la mode pour son mouvement du balancier et son rythme effervescent. J’apprécie la peinture pour sa lenteur et sa précision d’exécution et je ne saurais me passer de mes collaborations avec des écrivains.

VOUS AVEZ ÉTUDIÉ LES ARTS VISUELS À L’UNIVERSITÉ LAVAL, MAIS AVEZ ÉGALEMENT UN DIPLÔME EN URBANISME DE HARVARD ET UN MBA À L’UNIVERSITÉ LAVAL.

Cela semble éclectique, mais au MBA tous mes travaux portaient uniquement sur la mode. Mon dernier diplôme est une maitrise en art visuel de l’Université Laval et j’ai commencé un doctorat dans ce domaine, par pur plaisir. J’ai l’impression d’évoluer et d’aller au bout de mes passions. J’aime aussi intégrer une discipline dans mon horaire, cela structure mon travail et mes moments de liberté me donnent l’impression d’être bonifiés. J’ai développé une sorte de hantise de gaspillage de temps et de talent. J’aime mieux aller m’assoir dans une salle de cours à l’université que de m’annihiler devant la télévision!

COMMENT AVEZ-VOUS ÉTÉ AMENÉE À ÉTUDIER À LA PRESTIGIEUSE UNIVERSITÉ AMÉRICAINE HARVARD?

J’ai toujours aimé l’architecture, mais le design urbain m’intéressait aussi. Je pense que j’ai agi sur un coup de tête. C’était un prétexte, j’avais besoin de changer  de décor, de pays. Le milieu est simple, ouvert, sans préjugé. L’approche est efficace, comme si tout n’était qu’un jeu sur un fond de démarche scientifique sérieuse! Étudier et travailler en s’amusant, dans le plaisir? J’étais conquise! De plus Boston est une ville fantastique, où je me sens chez-moi.

VOUS FAITES DES ILLUSTRATIONS POUR PARCS CANADA ET LES JARDINS VAN DEN HENDE; EN QUOI VOTRE PEINTURE DIFFÈRE DE VOTRE TRAVAIL AVEC SES INSTITUTIONS?

Dans les deux cas, Je suis une passionnée d’horticulture et de nature. En illustration, j’aime bien me plonger de temps en temps dans les fleurs. Je suis fascinée par le miracle de la couleur et des formes surtout au printemps après un hiver tout en blanc. Ça fait du bien. L’illustration botanique a pour seul but de bien représenter le sujet selon une fonctionnalité et dans des formats des dimensions définis à l’avance alors qu’en peinture, c’est pleine liberté.

VOUS ENSEIGNEZ ÉGALEMENT LE DESSIN; QU’AIMEZ-VOUS LE PLUS D’ÊTRE ENSEIGNANTE?

Ce qui me touche le plus est le côté humain de l’enseignement. J’aime voir évoluer les étudiants. On peut déceler des particularités potentielles dès leurs premiers dessins. J’aime penser que l’enseignant se veut un guide, un révélateur de talents pour le grand plaisir des étudiants!

QU’AIMEZ-VOUS AMENER COMME TOUCHE PERSONNELLE À UN PAYSAGE QUE VOUS PEIGNEZ? COMMENT CHOISISSEZ-VOUS LES SUJETS DE VOS TABLEAUX?

J’ai la chance de vivre à l’Île d’Orléans et d’avoir un atelier d’été dans Charlevoix. Ces paysages m’impressionnent. Ils sont les sujets que je favorise. Notre patrimoine visuel mérite qu’on s’y attache et je crois qu’il faut le garder en mémoire. La lumière est à la base de ma recherche et mes paysages en sont le prétexte : la luminosité du ciel du Québec me fascine. Ce bleu est d’une pureté incroyable! Je peins par couches successives jusqu’à l’obtention de l’éclat désiré. Peindre des ciels ennuagés réalistes peut paraître anodin, mais le regard doit se promener librement, avec fluidité. Un tout petit instant précieux qui nous sort de nous-mêmes le temps d’oublier le quotidien!

 

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